« Mon travail a donné un sens à ma vie »
Quand Shazia étudiait à l’université, au Pakistan, sa professeure l’a encouragée à répondre à une offre d’emploi publiée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Shazia, qui se destinait à devenir scientifique, n’était guère intéressée mais a tout de même accepté d’aller à l’entretien. Elle est aujourd’hui responsable de la logistique à la délégation du CICR à Khartoum. « J’ai été embauchée comme secrétaire dans une unité d’expédition. Pour moi, c’était un job d’été et je ne pensais rester que quelques mois, le temps de gagner un peu d’argent de poche. Je n’aurais jamais imaginé que ce serait le début d’une longue carrière au CICR. »
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« Dès le premier jour, mes superviseurs et mes collègues à Peshawar m’ont vraiment forcée à sortir de ma zone de confort. Ils m’ont confié des tâches auxquelles je n’étais pas habituée, tout en se tenant prêts à m’aider quand j’en avais besoin. C’était très encourageant, j’avais le sentiment qu’on me donnait la possibilité de progresser. Cela fait maintenant presque 16 ans que je suis ici. Tout au long de ma carrière, j’ai eu la chance de travailler avec des collègues et des supérieurs qui m’ont laissé la liberté d’expérimenter et de développer mes compétences. Le soutien des membres de mon équipe m’a donné beaucoup de force. Par leurs nombreux encouragements et la confiance qu’ils m’ont témoignée, ils ont été une force motrice et une source d’inspiration sur la voie parfois difficile que j’ai suivie. »

« Quand j’ai commencé à travailler pour le CICR, Peshawar était un endroit très conservateur. Beaucoup de gens étaient opposés à l’entrée des femmes sur le marché du travail, y compris au sein de ma famille. Mon père, en revanche, croyait en moi et m’a encouragée à aller à l’université. J’ai été la première femme de ma famille à y aller. » Aujourd’hui, de nombreuses sœurs, cousines et nièces de Shazia ont suivi ses traces sur les bancs de l’université. « Je pense que j’ai ouvert la voie à d’autres femmes de ma famille pour poursuivre des études supérieures et une carrière. Une seule personne suffit pour donner l’exemple et poser les bases d’une meilleure représentation. »

« Quand j’ai rejoint le CICR en 1999, nous n’étions que trois femmes à travailler au Centre logistique de Peshawar. La logistique en général était d’ailleurs un domaine où l’on comptait peu de femmes. Beaucoup de mes collègues étaient très surpris de découvrir quelle fonction j’occupais, moi, une jeune femme pakistanaise ! Je me suis heurtée à une forte résistance de la part de collègues masculins plus âgés et plus expérimentés, qui n’appréciaient pas qu’une jeune femme gravisse les échelons hiérarchiques. Ils ont contesté les décisions qui étaient prises concernant mes promotions et les possibilités de formation qui m’étaient offertes, mais j’ai toujours eu le soutien du chef de la logistique. De mon côté, je me suis efforcée d’avoir des discussions constructives avec ceux qui mettaient en doute mes capacités, afin de dissiper leurs inquiétudes. »

Ainsi, pendant sa première mission de soutien, Shazia était chargée de gérer toutes les opérations logistiques et l’expédition des marchandises au Darfour. « Un de nos chauffeurs de camion arrivait régulièrement en retard sans raison, ce qui nous empêchait de faire parvenir rapidement les colis de secours aux personnes touchées. Quand je lui ai demandé pourquoi il était si souvent en retard, il a reconnu qu’il n’avait pas de bonne raison, mais a laissé entendre qu’il n’avait pas l’habitude de recevoir des ordres d’une femme. Je lui ai dit de mettre son orgueil de côté, de ne pas considérer mes instructions comme des ordres, mais plutôt de se concentrer sur l’importance de notre travail. Je lui ai rappelé que s’il était venu au Darfour depuis son pays d’origine, c’était pour aider les personnes en détresse. Les marchandises qu’il transportait étaient vitales pour les gens que nous cherchions à aider. Il a compris que s’il ne faisait pas bien son travail, cela ne me nuisait pas à moi, mais à nos bénéficiaires. Une fois qu’il a compris ça, nous avons commencé à très bien nous entendre ! »

Shazia a toujours été sensible à la cause humanitaire : enfant, elle économisait son argent de poche pour le donner aux pauvres de sa ville. En rejoignant le CICR, sa passion pour l’humanitaire n’a fait que se renforcer. « Ma carrière au CICR a répondu à mon ambition de voyager et de travailler dans le monde entier tout en contribuant à une noble cause. Elle a donné un sens à ma vie et m’a permis de satisfaire mes aspirations personnelles en accord avec la vision de mon organisation. »

« Plus jeune, je voulais devenir scientifique pour explorer les trésors cachés de la nature et les mettre à profit pour améliorer le bien-être de l’humanité. Je constate aujourd’hui que je peux faire de même en travaillant dans le domaine de la logistique, en faisant preuve d’imagination et de créativité pour répondre aux différents besoins des personnes. Maintenant, j’ai l’impression d’être une scientifique qui a découvert le bonheur de travailler avec et à travers les autres. Mon sujet d’étude n’est plus la biologie, mais les gens – leurs motivations, leurs sentiments et leurs idées –, et ma mission est de trouver des moyens d’aider les êtres humains à accomplir de grandes choses ensemble. »

Shazia Nawaz

ICRC, 1999

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